Le Maroc alimente la France
Imaginez : l'électricité qui alimente votre pompe à chaleur ou votre voiture électrique vient du Sahara. Ce n'est plus de la science-fiction. Comme le rapporte La République du Centre le 19 juillet, le Maroc accélère son programme solaire avec des fermes photovoltaïques géantes dans le désert, capables d'exporter de l'électricité décarbonée vers l'Europe via des câbles sous-marins. Un projet titanesque qui pourrait redessiner la carte énergétique du continent.
Imaginez : l'électricité qui alimente votre pompe à chaleur ou votre voiture électrique vient du Sahara. Ce n'est plus de la science-fiction. Comme le rapporte La République du Centre le 19 juillet, le Maroc accélère son programme solaire avec des fermes photovoltaïques géantes dans le désert, capables d'exporter de l'électricité décarbonée vers l'Europe via des câbles sous-marins. Un projet titanesque qui pourrait redessiner la carte énergétique du continent.
Le projet Xlinks : 3 800 km de câble
Le projet phare s'appelle Xlinks. Il prévoit la construction d'une ferme solaire et éolienne de 10,5 GW dans le sud marocain, dans la région de Guelmim-Oued Noun, couplée à 3 800 km de câbles sous-marins reliant le Maroc au Royaume-Uni. La mise en service est prévue pour 2030. L'électricité produite — estimée à 26 TWh par an — pourrait alimenter 7 millions de foyers britanniques, soit l'équivalent de 8 % de la consommation électrique du Royaume-Uni. Des interconnexions avec le réseau français via l'Espagne sont également à l'étude, ce qui pourrait faire de la France un hub de transit pour cette électricité saharienne.
La France, future cliente ?
La France dispose déjà d'une interconnexion électrique avec l'Espagne (2 800 MW de capacité), qui elle-même est connectée au Maroc via deux câbles sous le détroit de Gibraltar totalisant 1 400 MW. En théorie, l'électricité solaire marocaine pourrait donc transiter jusqu'aux prises françaises. Mais le chemin est long et les pertes en ligne sont significatives : environ 10 à 12 % sur l'ensemble du trajet Maroc-France. Reste que le coût de production du solaire marocain — autour de 2 centimes d'euro le kWh dans cette région parmi les plus ensoleillées du monde — reste imbattable, même en ajoutant le coût du transport. À titre de comparaison, le coût de production du nouveau nucléaire français est estimé autour de 7 centimes par kWh.
Indépendance ou interdépendance ?
- ✅ Prix compétitif et abondance : le Sahara reçoit 2 500 kWh/m²/an, soit 60 % de plus que le sud de la France.
- ✅ Complémentarité : le solaire marocain produit quand le vent du nord est faible, lissant la production.
- ❌ Dépendance géopolitique : importer son énergie, c'est accepter une forme de vulnérabilité stratégique.
- ❌ Empreinte écologique des câbles : la fabrication et la pose ont un impact carbone non négligeable.
Le débat est lancé. Faut-il miser sur l'indépendance énergétique avec des panneaux solaires sur nos toits, ou accepter une part d'interdépendance pour accélérer la transition ? Les deux approches ne sont pas incompatibles, mais elles posent la question du modèle énergétique que nous voulons pour 2040. Ce qui est certain, c'est que le Sahara deviendra, d'une manière ou d'une autre, un acteur majeur de l'énergie mondiale dans la décennie à venir.
Et si vous produisiez votre propre électricité solaire ?
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