MPR : l'effondrement 2026
C'est un chiffre qui inquiète toute la filière du bâtiment. D'après une enquête de Batiactu publiée le 27 juillet, le nombre de dossiers MaPrimeRénov' a chuté d'environ 30 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025. Une dégringolade qui menace directement les objectifs de rénovation énergétique fixés par le gouvernement, qui visait 700 000 rénovations d'ampleur par an d'ici 2030. On en est loin.
C'est un chiffre qui inquiète toute la filière du bâtiment. D'après une enquête de Batiactu publiée le 27 juillet, le nombre de dossiers MaPrimeRénov' a chuté d'environ 30 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025. Une dégringolade qui menace directement les objectifs de rénovation énergétique fixés par le gouvernement, qui visait 700 000 rénovations d'ampleur par an d'ici 2030. On en est loin.
Pourquoi une telle chute ?
Trois facteurs se conjuguent pour expliquer ce décrochage. D'abord, la complexité administrative persistante : malgré la promesse d'un guichet unique fusionnant MPR et CEE, les artisans et les particuliers continuent de se perdre dans les méandres des formulaires. Un dossier complet représente en moyenne 18 pièces justificatives, un parcours du combattant pour des ménages souvent peu familiers avec les démarches en ligne. Ensuite, la suppression annoncée du parcours par geste au 1er septembre 2026 a créé un effet d'attentisme : beaucoup de ménages préfèrent reporter leurs travaux pour bénéficier du parcours accompagné, plus généreux mais aussi plus exigeant en termes de gain énergétique. Enfin, l'inflation des coûts des matériaux — +8 % sur les isolants en un an — rogne le reste à charge, rendant certains projets moins attractifs même avec les aides.
Qui sont les plus touchés ?
| Profil | Évolution S1 2026 vs S1 2025 | Reste à charge moyen |
|---|---|---|
| Ménages très modestes (bleu) | -15 % | 0 à 500 € |
| Ménages modestes (jaune) | -32 % | 2 000 à 4 000 € |
| Ménages intermédiaires (violet) | -38 % | 5 000 à 8 000 € |
| Ménages aisés (rose) | -25 % | 8 000 à 12 000 € |
Ce sont les ménages intermédiaires qui décrochent le plus, avec une chute vertigineuse de 38 %. Leur taux de reste à charge, souvent entre 5 000 et 8 000 €, devient rédhibitoire dans un contexte de pouvoir d'achat sous tension. Les ménages très modestes résistent mieux grâce à des taux de prise en charge proches de 100 %, mais leur nombre absolu de dossiers reste faible. Un paradoxe : ceux qui auraient le plus besoin des aides sont aussi ceux qui les sollicitent le moins.
Quelles conséquences pour la filière ?
La Fédération Française du Bâtiment (FFB) tire la sonnette d'alarme. « Si la tendance se confirme, on risque de perdre 20 000 emplois dans la rénovation énergétique d'ici fin 2026 », alerte un porte-parole cité par Batiactu. Les installateurs de pompes à chaleur, particulièrement dépendants des aides publiques, seraient en première ligne. À l'inverse, le solaire photovoltaïque continue de progresser, porté par la rentabilité de l'autoconsommation et une prime qui reste stable. La filière appelle à une simplification urgente des procédures et à une campagne de communication grand public pour relancer la machine.
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