Australie : l'après-charbon
Que devient une ville minière quand la centrale à charbon qui la fait vivre ferme ? C'est la question que pose Le Monde depuis l'Australie-Occidentale. La cité de Collie, qui abrite trois centrales thermiques, se prépare à leur fermeture annoncée et ambitionne de devenir un modèle de transition énergétique et économique. Une histoire lointaine qui nous parle pourtant directement.
Que devient une ville minière quand la centrale à charbon qui la fait vivre ferme ? C'est la question que pose Le Monde depuis l'Australie-Occidentale. La cité de Collie, qui abrite trois centrales thermiques, se prépare à leur fermeture annoncée et ambitionne de devenir un modèle de transition énergétique et économique. Une histoire lointaine qui nous parle pourtant directement.
La fin programmée du charbon
L'Australie, longtemps accrochée au charbon, a amorcé un virage spectaculaire vers les énergies renouvelables, solaire en tête. Les centrales publiques de Collie doivent fermer dans les prochaines années, et avec elles, des centaines d'emplois. L'enjeu est double : remplacer une production électrique carbonée et reconvertir un territoire entier. Le gouvernement local mise sur les énergies propres et de nouvelles filières industrielles pour éviter le scénario de la ville fantôme.
Ce que la France peut en retenir
La leçon vaut pour nos régions qui sortent du charbon ou qui voient leurs industries se transformer. La transition ne se résume pas à brancher des panneaux solaires : c'est aussi un projet d'emploi et de territoire. En France, le déploiement massif du solaire photovoltaïque et des pompes à chaleur s'accompagne d'un besoin de main-d'œuvre formée, d'installateurs, de techniciens. C'est une filière qui crée des emplois locaux, non délocalisables.
- ✅ Les renouvelables créent des emplois locaux durables
- ✅ Une reconversion préparée évite le choc social des fermetures
- ❌ La transition laisse des territoires sur le carreau si rien n'est anticipé
- ❌ Remplacer une centrale pilotable demande des solutions de stockage
Et chez nous, concrètement ?
Pas besoin d'aller en Australie pour agir : chaque toiture équipée de panneaux solaires, chaque pompe à chaleur installée à la place d'une chaudière fioul, participe à ce même mouvement de fond. La différence, c'est qu'ici, la transition se joue d'abord à l'échelle des foyers et des entreprises, pas des centrales géantes.
Ce qui frappe dans le cas de Collie, c'est que la transition s'y prépare à l'avance, avec une vraie réflexion sur l'après. Trop souvent, les fermetures de sites industriels se font dans l'urgence, sans plan de reconversion crédible. Ici, la collectivité tente l'inverse : transformer une contrainte en opportunité. C'est une leçon qui vaut au-delà de l'énergie, et qui rappelle que la décarbonation n'a de sens que si elle est juste, c'est-à-dire si personne n'est laissé au bord de la route.
L'Australie montre aussi qu'une transition réussie ne se décrète pas depuis une capitale : elle se construit avec les territoires concernés, leurs élus, leurs entreprises et leurs habitants. C'est un apprentissage lent, parfois douloureux, mais c'est la seule manière d'éviter que la peur du déclassement ne finisse par nourrir le rejet des énergies renouvelables.
Source : Le Monde, « En Australie-Occidentale, le gouvernement prépare l'avenir après la fermeture annoncée des centrales à charbon publiques », 6 septembre 2026.
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